Quand on pense aux grands moments culturels où le divertissement et la publicité se rencontrent, le Super Bowl arrive naturellement en tête. Mais au Québec, cet instant phare survient quelques mois plus tôt : avec le Bye Bye.

Depuis des générations, le Bye Bye représente le plus puissant moment médiatique collectif au Québec. Diffusée pour la première fois en 1968, l’émission est devenue la pierre angulaire des célébrations du Jour de l’An. Aujourd’hui, elle dépasse largement le cadre de la comédie satirique : c’est un véritable rituel annuel que (presque) tout le monde regarde.

Le plus récent Bye Bye a encore une fois livré des chiffres impressionnants :

  • Auditoire moyen : 2,63 millions

  • Part d’audience : 87 %

À une époque où l’écoute de la télévision linéaire est en déclin, ces résultats sont tout simplement remarquables. Une écoute sur rendez-vous à cette échelle est devenue extrêmement rare — et le Bye Bye demeure sans doute l’un des derniers vrais moments où « tout le monde regarde la même chose » au Québec.

Pour les annonceurs, dans un contexte de consommation média de plus en plus fragmentée, c’est colossal.

Cette année encore, l’équipe de Panoply a repéré plusieurs publicités télé particulièrement fortes, créées par des marques cherchant à tirer parti de cette attention massive. Voici quelques-unes de nos favorites :

1. Metro
Dans cette publicité signée Cossette, Metro s’attaque à un enjeu qui sera au cœur de l’actualité en janvier : le retour du vouvoiement à l’école. À travers une série de scènes en magasin, les nouvelles recrues découvrent — pour le meilleur et pour le pire — que le langage soutenu vient naturellement avec les clients… beaucoup moins avec les collègues. Le style faux documentaire, à la The Office, ajoute une touche d’authenticité particulièrement efficace.


2. CAA
Pour sa toute première présence au Bye Bye, CAA-Québec met en scène une fête des Fêtes qui vire au chaos… à cause d’une batterie à plat. L’humour est utilisé avec justesse pour illustrer la tranquillité d’esprit qu’offre la CAA, même dans les moments les plus festifs. Une très belle exécution de CAA, en collaboration avec l’agence LG2.



3. Mondou
Cinquième participation au Bye Bye pour Mondou, qui s’attaque cette fois à la morosité ayant marqué 2025 — en la revisitant avec une touche poilue. Le message ? Si on ne peut pas éliminer les mauvaises nouvelles, on peut au moins y ajouter des animaux pour les rendre plus réconfortantes. Une autre excellente idée signée LG2.

Mention spéciale également à IKEA, qui, avec Rethink, a transformé le Bye Bye en Baille Baille, soulignant le lien entre l’émission et l’heure du dodo. On a aussi beaucoup aimé Bell et sa collaboration avec le cinéaste de renommée internationale Xavier Dolan, ainsi que Sirop Érable, qui lance un jingle parodique destiné à rester longtemps dans la tête… et dans les recettes.

Chaque marché a ses moments culturels phares. Au Québec, le Bye Bye demeure inégalé dans sa capacité à rassembler, à refléter l’air du temps et à donner le ton pour l’année à venir. À mesure que les médias se fragmentent, ces moments deviennent plus rares — et d’autant plus précieux.

Le Bye Bye n’est pas qu’une tradition. C’est un rappel puissant de ce qui se produit lorsque le contenu, la culture et l’attention collective s’alignent.

C’est, sans contredit, le Super Bowl du Québec.

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